#37 : Un autre regard sur la politique climatique de Joe Biden

Dans le concert de louanges qui entourent le début de mandat de Joe Biden, j’aimerais présenter ici un autre point de vue, plus critique, concernant sa politique climatique.

Son plan pour le climat a été largement salué, y compris par les associations environnementales. L’ONG américaine Earth Justice parlait ainsi il y a quelques semaines de « mesures audacieuses et inédites pour rétablir le leadership des États-Unis en matière de climat et faire progresser la justice environnementale ».

Il y a pourtant des choses à redire, qui me semblent avoir été peu entendues jusqu’ici, notamment en France.


Le climat est vu par le gouvernement Biden comme un moyen : l’objectif, plus encore qu’aider le monde à gagner le combat contre le changement climatique, est prioritairement de créer massivement des emplois aux Etats-Unis, de permettre au pays de bénéficier de nouvelles opportunités économiques, et d’avancer ses pions dans son duel homérique face à la Chine - qui constitue le grand sujet de préoccupation du pays, de façon transpartisane, au-delà du climat.

Toute la stratégie climatique de Biden repose sur ce paradigme, dont le maître mot est : patriotisme. Chaque décision de Biden est justifiée en ce sens.

Pragmatisme oblige, toute une partie du plan climat de Biden repose aussi sur un gros effort…d’adaptation du pays. « Nous devons nous préparer aux impacts inévitables du changement climatique, indépendamment de l’efficacité avec laquelle on parviendra à réduire nos futures émissions de CO2 » dit ainsi Brian Deese, qui dirige le National Economic Council.

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I - Une logique qui reste celle du « America First »

Ce sous-titre peut sembler provocant : America First était le slogan de Trump, dont le mandat s’est distingué par un climatoscepticisme tenace. Or il est indéniable que les annonces faites par Biden marquent un tournant pour les USA en matière climatique :

  • Retour du pays dans l’Accord de Paris, et annonce d’un nouvel objectif climatique (réduction de 50% des émissions d'ici 2030 et atteinte de la neutralité carbone en 2050) ;

  • Moratoire sur l'octroi de nouvelles concessions pour les forages pétroliers et gaziers, suspension de forages sur la côte Nord de l’Alaska, blocage d’un grand projet controversé d'oléoduc ;

  • Volonté de mettre en place un filet de sécurité pour les employés du pétrole, du gaz et du charbon, et de faciliter leur reconversion ;

  • Grand plan d’adaptation du pays au changement climatique : modernisation d’infrastructures (après des décennies de sous-investissements), dont 100 milliards rien que pour les infrastructures électriques ; doublement du budget pour aider les communautés à se préparer aux ouragans, inondations, incendies...

Pourtant, si les idées de Biden et de Trump sur le climat ne sont pas les mêmes, ni les façons de faire, l’état d’esprit sous-jacent n’est pas fondamentalement différent : la logique reste, globalement, de servir avant tout les intérêts des Etats-Unis.

Il se trouve que ces intérêts coïncident en partie avec l’impératif de lutter contre le changement climatique, pour cinq raisons :

1/ Il en va du soft power américain, qui a perdu de sa superbe sous Trump et qui nécessite, pour rester puissant, une participation sans ambiguïté des USA à la lutte climatique.

2/ Les USA sont particulièrement vulnérables aux événements climatiques extrêmes, qui se développeront en intensité et en fréquence avec le changement climatique. D’ores et déjà, comme le dit le gouverneur de la Californie à propos des méga-incendies, « il faut le reconnaître, nous vivons dans un monde dans lequel nous n’étions pas destinés à vivre ».

3/ La transition vers une économie décarbonée boostera l’emploi aux USA. C’est en tout cas le grand message de Joe Biden : « Pendant trop longtemps, nous avons omis d'utiliser le mot le plus important lorsqu’il s’agit de répondre à la crise climatique : l’emploi, l’emploi, l’emploi ». Tout est vu sous le prisme de la création d’emplois. C’est ce que confirme au New York Times l’un des conseillers économiques de Joe Biden, Brian Deese : « Nous devons aller aussi vite que possible pour décarboner notre économie, et nous devons le faire d’une façon qui soit aussi créatrice d’emplois et d’opportunités économiques pour nous Américains que possible. C’est cela notre objectif ». (…) « Sur le volet électrique, il s’agit de construire des infrastructures d’une façon qui soit très intensive en emplois ». (…) « Le Président dit : « Quand je pense au changement climatique, je pense à l’emploi ». C’est un bon résumé de ce que nous essayons d’accomplir ».

4/ La transition vers une économie décarbonée est un moyen pour les USA de se positionner pour diriger l’économie mondiale de demain. « Nous investissons en R&D pour poser les fondations de la future économie zéro carbone – que ce soit dans les matériaux bas carbone, acier, ciment, ou dans la capture et le stockage de carbone et l’hydrogène » (Brian Deese).

A cet égard, le cas des véhicules électriques est significatif. « Nous avons un objectif explicite : non seulement permettre aux consommateurs américains d’acheter des véhicules électriques, mais aussi faire en sorte que ces véhicules soient assemblés chez nous et que l’écosystème d’innovations se développe chez nous, parce que nous pensons qu’il s’agira d’un marché mondial grandissant. C’est l’une de nos plus grandes opportunités d’exportation, qui nous permettra d’être un leader » (Brian Deese).

5/ L’état d’esprit sous-jacent : le patriotisme, dans un contexte de duel géostratégique face à la Chine.

« Le volontarisme patriotique est la ligne directrice du gouvernement Biden », écrit l’analyste Adam Tooze. Le discours de Biden devant le Congrès fin avril était très révélateur à cet égard, comme l’explique le site Grist :

- « Son discours a marqué un tournant dans la façon dont les Démocrates présentent l'action climatique : ils l’identifient maintenant comme la voie à suivre par les États-Unis pour prospérer économiquement, plutôt que comme un simple mécanisme de survie. Cette vision se retrouve dans les objectifs climatiques internationaux de Biden : devenir un leader non seulement dans la production d'énergie renouvelable, mais aussi dans le développement de la technologie et des pièces nécessaires aux éoliennes, aux panneaux solaires, aux véhicules électriques et à la fourniture d’électricité ».

- « Biden a désigné un pays en particulier que les Etats-Unis ne doivent pas laisser dépasser dans ces différents domaines : la Chine. (…) Dans son discours, il a présenté l'action climatique comme urgente non pas en raison des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes et dévastatrices – il n’a pas évoqué une seule fois les impacts climatiques - mais parce que le peuple américain doit "gagner le XXIe siècle". Biden mise sur le patriotisme et sur l’obsession profondément ancrée des Américains à vouloir être numéro un ».

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A ce stade de la lecture, il peut être tentant de se dire : certes, « America First »…mais si les actions pour lutter contre le changement climatique sont bien là, en quoi les intentions importent-elles ?

C’est là qu’il est intéressant de regarder les choses plus en détails.

II – Derrière les belles promesses…

Pour respecter les objectifs climatiques, « il faut appuyer sur l’accélérateur et sur le frein en même temps », comme le dit Jörg Haas, du think tank allemand Heinrich Böll Foundation.

En termes d’investissements, le plan Biden appuie effectivement sur l’accélérateur (même si certains, comme l’analyste Adam Tooze, remettent en cause l’importance des montants investis : « Biden consacrera moins d’argent en R&D sur les énergies vertes pour les 8 prochaines années que les Américains dépensent chaque année en nourritures pour animaux », écrit-il).

Mais c’est sur le besoin de freiner que l’action climatique de Biden pèche. Et ce à deux égards.

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1/ Sur le besoin de freiner fortement les combustibles fossiles

Le problème n’est pas nouveau. « La politique énergétique d’Obama n’avait pas été dominée par les renouvelables, mais par le gaz de schiste, considéré alors comme la plus "propre" des énergies fossiles », écrit Adam Tooze dans The New Statesman. « Par la suite, au vu du faible prix du gaz, Trump lui-même n'a pas été en mesure de faire revenir le pays au charbon. En conséquence, les États-Unis disposent désormais de très nombreux actifs gaziers - puits de fracturation, pipelines, etc. – qui n’ont aucun usage à long terme si l’on veut atteindre les objectifs d'émissions fixés. »

Le défi est bien là : il ne s’agit pas seulement de construire les infrastructures durables et résilientes de demain, mais bien aussi, en parallèle, de sortir au plus vite des énergies fossiles, gaz compris. « Avec l'objectif de zéro émission nette d'ici 2050, il n'y a plus de place pour les faux-fuyants. L'administration Biden doit changer radicalement l'orientation de la politique énergétique américaine » estime Adam Tooze.

Or, comme on l’apprenait la semaine dernière dans le New York Times, ces dernières semaines le gouvernement Biden « a discrètement pris des mesures qui garantiront le forage et la combustion du pétrole et du gaz pour les décennies à venir » :

  • Le gouvernement a confirmé une première décision de Trump d’accorder 440 concessions pétrolières et gazières sur des terres fédérales dans le Wyoming, malgré les alertes des associations environnementales sur les dangers de cette décision ;

  • Il a refusé d’empêcher la fermeture de l’oléoduc Dakota Access, qui transporte plus de 500 000 barils de pétrole chaque jour, en dépit des luttes des activistes et des peuples indiens, selon lesquels le pipeline menace notamment l’approvisionnement en eau ;

  • Et, surtout, il a défendu devant les tribunaux une gigantesque opération de forage pétrolier en Alaska, préalablement approuvée par le gouvernement Trump, et qui avait été combattue par les écologistes (ainsi que par l’actuelle ministre de l’Intérieur de Biden, qui s’était opposée au projet en tant que membre du Congrès et le défend maintenant qu’elle est au gouvernement).

    Biden a préféré maintenir ce projet, qui implique 2000 emplois et génère 1,2 milliards de revenus, alors que l’Alaska est dans une situation critique (il a connu ces 60 dernières années un réchauffement deux fois plus rapide que le reste des Etats-Unis, ses écosystèmes sont en péril, son permafrost dégèle…).

2/ Sur le besoin de s’attaquer aux modes de vie les plus carbonés

Sans surprise, le prisme du gouvernement Biden reste techno-solutionniste. « Je crois en notre ingéniosité. Nous sommes le pays qui est allé sur la Lune » claironne John Kerry. Sobriété et transformations des modes de vie sont des concepts encore vus comme exotiques, si ce n’est tabou, par le gouvernement américain.

Deux cas sont emblématiques :

1/ Celui des voitures. Comme le relève Adam Tooze, « il n’est pas anodin que les investissements pour développer les voitures électriques soient plus importants que ceux destinés aux transports publics. Cela témoigne d’un manque d'ambition en matière de transformation. La culture de la voiture, l'un des symboles majeurs du mode de vie américain, est clairement considérée comme non négociable ».

2/ Celui de la consommation de viande rouge. Après la propagation d’une fake news selon laquelle le gouvernement Biden allait limiter la consommation de viande rouge et de burgers, la conseillère nationale de Biden pour le climat, Gina McCarthy, une scientifique de 66 ans auparavant directrice de l'Agence de protection de l'environnement sous Obama, s’est sentie obligée de déclarer ceci :

« Si les gens pensent que passer à moins de viande est la solution complète au changement climatique, nous avons tous de gros ennuis » - un propos stupéfiant compte tenu de son pedigree et de son rôle dans la politique climatique de Biden, mais qui n’est pourtant pas isolé : le ministre de l’Agriculture a lui aussi cherché à rassurer l’opinion en assurant qu’ « aucun effort n’est fait par la Maison Blanche pour limiter la consommation de viande rouge des Américains ». Comme le souligne un article de Vox, aucune mention du mot « viande » ni « agriculture animale » n’est d’ailleurs faite dans les documents détaillant le plan climat de Biden.

Pour enfoncer le clou, John Kerry, l'envoyé spécial des Etats-Unis pour le climat nommé par Biden, a affirmé par ailleurs que « 50% des réductions d’émissions nécessaires pour atteindre la neutralité carbone proviendront de technologies qui restent encore à inventer » - une position « dangereuse » selon le physicien Robert Rohde, pour qui « nous pouvons atteindre la plupart des réductions nécessaires avec la technologie que nous avons déjà. Si de meilleures options apparaissent, très bien, mais nous devons agir sans tarder : le temps est compté ».

Kerry a ajouté qu’il n’y a «pas besoin de renoncer à une qualité de vie pour atteindre certains des choses que nous devons atteindre » - un propos assez flou mais qui indique une certaine direction, en faisant penser à la fameuse phrase de Bush père, « Notre mode de vie n’est pas négociable » (1992).

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Ces différentes déclarations en disent long sur les limites de l’ambition du gouvernement Biden (et sur l’étroitesse de ses marges de manœuvre) pour s’attaquer aux causes structurelles du changement climatique. Elle invite à prendre du recul vis-à-vis de l’image d’un gouvernement américain devenu leader sur le climat, pourtant largement véhiculée, y compris en France. En dépit des beaux discours, décarboner n’implique pas seulement de construire les infrastructures de demain et de développer des énergies vertes : il s’agit bel et bien aussi de réduire la consommation d’énergie, sans attendre.

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Une position contestée en matière de justice climatique

Enfin, la politique climatique de Biden se retrouvé critiquée sur un troisième aspect.

Dans une tribune intitulée « L’Amérique de Biden n’est pas un leader climatique », l’analyste Michael Davies-Venn écrit que « le gouvernement américain ne reconnaît pas la véritable responsabilité de l'Amérique dans la crise climatique. Par conséquent, il ne peut pas mener la cause de la justice climatique mondiale ». En cause : les positions de John Kerry, qui a déclaré, lors de sa nomination, que « les États-Unis, malgré toute leur puissance industrielle, ne sont responsables que de 13 % des émissions mondiales ».

Comme le rappelle Michael Davies-Venn, « le changement climatique actuel résulte des émissions de gaz à effet de serre des décennies passées. Les émissions cumulées de gaz à effet de serre entre 1850 et 1990 aux États-Unis représentent 30% des émissions mondiales de CO2. Ce seul fait suffit à démontrer la responsabilité des États-Unis en matière de justice climatique mondiale, responsabilité dont ils ne peuvent s'exonérer, quand bien même John Kerry affirme aujourd'hui que « près de 90 % de toutes les émissions mondiales de la planète viennent de l'extérieur des frontières américaines » ».

Dès lors, il estime que « les Européens font une erreur de calcul en s’attendant à un leadership des Américains sur le changement climatique », ce qui rejoint l’opinion d’autres analystes (lire ci-dessous).

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III - Un problème avant tout politique

« Il n'y a pas de raison de douter de la sincérité de l'équipe de Biden. Mais les limites des Etats-Unis ne doivent pas déterminer la direction ou le rythme du reste du monde. Contrairement au credo volontariste de Biden, l'Amérique est en fait fondamentalement contrainte » (Adam Tooze)

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Les grandes annonces faites par Biden sur le plan du climat ne changent rien à un fait : ses marges de manœuvre sont étroites. Biden « ne peut pas se permettre de prendre de positions radicales sur le climat » car il manque de majorités fortes au Congrès, explique l’analyste William Galston, du think tank Brookings Institution.

Face à Biden, une partie des Républicains n’entend pas renoncer aux combustibles fossiles. « Notre capacité à exporter du pétrole et du gaz donne aux Etats-Unis un grand poids de négociation au niveau mondial » martèle Marjorie Taylor Greene, députée du camp Républicain, qui campe sur une position assez populaire dans l’opinion publique. Il faut dire que si 90 % de l'électorat démocrate voit le réchauffement climatique comme une menace majeure pour le pays, le chiffre n’est que de 30% chez les Républicains.

Pour parvenir tout de même à avancer, « Biden tente d'éviter de s'aliéner une poignée de Républicains et de Démocrates modérés, issus des États pétroliers et gaziers, qui décideront du sort de son programme législatif au Congrès », écrit le New York Times – une position qui l’oblige à des compromis permanents.

La grande absence du prix du carbone

« Les obstacles pour atteindre les objectifs climatiques du pays sont plus politiques que techniques », confirme la spécialiste Samantha Gross. Elle rappelle par exemple que contrairement à ce qui existe dans l’Union Européenne, « la fixation d’un prix du carbone à l'échelle nationale n'est pas envisageable pour le moment. Un prix du carbone, par le biais d'une taxe ou d'un système d’échanges de quota d’émissions, nécessiterait un accord du Congrès – ce qui est impossible avec le Congrès actuel ».

Or, ajoute Adam Tooze, « sans une forte augmentation du prix du carbone, il n'existe aucune incitation de marché à réduire les investissements dans les combustibles fossiles. À part via des réglementations, on ne voit pas très bien comment le gouvernement Biden propose de prendre ce virage ».

La situation est paradoxale : alors que, d’habitude, les Etats-Unis sont vus comme les fervents partisans des mécanismes de marché, et l’Union Européenne la championne de la voie réglementaire, dans le cas du climat c’est l’Europe qui a pris le tournant du marché du carbone, et l’Amérique qui rechigne à le faire.

« Si les Américains n’adoptent pas de système de prix du carbone, leur seule alternative est une taxe carbone, ce qui serait un suicide politique. Nous sommes perplexes quant à la raison pour laquelle les États-Unis sont allergiques au prix du carbone » confie au Financial Times un cadre de la Commission Européenne.

En réalité, la stratégie climatique des Etats-Unis, qui refusent de toucher aux modes de vie, est moins complète et équilibrée que celle de l’Union Européenne, comme l’analyse le Financial Times : « le "techno-optimisme" des États-Unis contraste fortement avec l'approche multidimensionnelle de l'UE, qui combine la puissance réglementaire de l'Union et les investissements dans les innovations, ainsi qu'un système avancé de tarification du carbone, afin d'encourager les changements de consommation nécessaires pour réduire radicalement les émissions ».

Biden a-t-il vraiment les moyens de tenir ses promesses ?

In fine, « Biden a probablement promis plus que ce que la politique américaine nationale peut réellement délivrer », juge l’analyste David Roberts, qui explique que « le Parti Démocrate risque de perdre le contrôle du Congrès en 2022. Et même s’il le conserve, le Parti ne contrôlera pas le Congrès tout au long de la décennie jusqu’en 2030 [date de l’atteinte du premier objectif climatique]. Il devra s’appuyer sur les Républicains », avec les nécessaires compromis qui vont avec.

Désormais, le temps presse jusqu’aux élections de midterm de 2022 : pour David Roberts, « les Démocrates ont une très courte période pour faire avancer les choses – peut-être 18 mois, mais probablement moins, car la campagne des midterms commence très tôt »…


C’était le 37e numéro de Nourritures terrestres, la newsletter sur les enjeux de la transition écologique (lire numéros précédents ici). Un grand merci à celles et ceux qui soutiennent ce travail sur ma page Tipeee. A bientôt pour le prochain numéro !